Le pic d’Ayous en solo depuis Bious-Artigues, un matin de mai — l’Ossau en face pendant toute la montée, et les lacs encore à moitié pris par l’hiver.
- Accès au départ : Lac de Bious-Artigues
- Dénivelé : 1090 m
- Temps : 7 h, en boucle par les lacs
- Trace GPS : en bas de page
Départ de Bious-Artigues à 6 h 35, seul, pour la fraîcheur et pour la lumière. Bien vu : une heure plus tard je débouche sur les pelouses et l’Ossau se prend le soleil en pleine face, encore tacheté de neige, avec les jonquilles au premier plan. Il n’y a pas à dire, cette montagne-là me fait toujours le même effet.
J’enchaîne sur les lacs, l’un après l’autre. Roumassot est parfaitement lisse, le sentier file au bord de l’eau, une tente est plantée sur la rive d’en face. À cette heure-ci, j’ai l’endroit à peu près pour moi tout seul.
Plus haut, changement d’ambiance : à partir de 2000 m, c’est encore l’hiver. Le refuge d’Ayous est cerné de névés, le lac Gentau en contrebas est bordé de neige, et sous mes chaussures le manteau a de drôles de reflets roses. Fin mai, quand même !
Je passe au col d’Ayous vers 8 h 55, et j’attaque la dernière crête. Les névés sont franchement continus par endroits, mais rien de raide : je traverse sans rien sortir du sac.
Les derniers mètres se font sur l’arête, et à 9 h 15 je suis au cairn, à 2288 m.
Et là, le panorama est énorme. D’un côté l’Ossau qui écrase tout le paysage, de l’autre les lacs posés en enfilade dans un plateau encore largement blanc — Bersau est même encore constellé de plaques de glace — et la chaîne qui se déroule jusqu’à l’horizon. Pour 1090 m de dénivelé, c’est du vol.
Comme il est tôt et que j’ai toute la journée devant moi, je prolonge vers l’est sur la crête jusqu’au pic les Arougos, 2279 m, atteint à 9 h 45 — puis je reviens tranquillement sur mes pas.
Pour la descente, je boucle par les lacs plutôt que de reprendre la montée à l’envers : retour au col, puis Bersau, où je m’arrête une bonne demi-heure au soleil sans rien faire d’autre que regarder. Ensuite Castérau, et l’Ossau qui m’accompagne jusqu’en bas.
Retour à la voiture à 13 h 35 : 18 km, 1090 m de dénivelé, 7 h avec les pauses. Un grand classique, et je comprends vite pourquoi. Ça valait le réveil matinal !








