Cette grande voie était sur ma todo list depuis longtemps.
- Accès au départ : Gavarnie, rando en passant par le refuge d’Espelette
- Dénivelé : 1500 m
- Temps : Sur 2 jours (J1 montée au refuge des Espuguettes et J2, course et retour)
- Nombre de participants : 7 (3 cordées CAF Pau)
- Plus d’infos
Journée 1
J’étais très heureux à l’idée de faire cette grande voie. Nous sommes montés au refuge le samedi après-midi… sous l’orage. Ça commençait bien :)
Au refuge, ça discute, et on se passe les jumelles pour observer de très loin la montée de plusieurs cordées sur la nord Ouest. Les heures passent et les cordées n’avancent pas beaucoup. Ça ne donne pas trop envie d’être à leur place… 3 cordées qui galèrent avec une fille de 12 ans dans le lot, elle a dû être vaccinée. Ils se sont pris l’orage et à 23 h ils n’étaient toujours pas sortis. Sachant qu’ensuite, il y a le retour à faire avec deux options :
- passage escarpé par les rochers blancs (de nuit je doute qu’ils y soient passés)
- par le refuge de Tuquerouye et là c’est très long
Journée 2
Levé aux aurores, on déjeune rapido et on décolle tout aussi vite. À la frontale, on avance bien jusqu’à arriver au pied de la grande voie.
Le ciel côté espagnol est très menaçant. On voit assez bien via la brèche de Roland. J’ai une petite voix qui me dit de rentrer, c’est sûr qu’on va prendre l’orage et pas très envie d’être comme les grimpeurs de la veille. Les encadrants se tâtent mais finissent par se convaincre qu’on va le faire rapidement.
On finit par s’encorder et c’est parti. Malgré les trois cordées, ça déroule plutôt bien et on est efficace. Ça ne bouchonne pas trop.
Je grimpe en réversible, les nuages bouchent parfois le soleil puis s’en vont. J’espère juste qu’on ne prendra pas l’orage.
Arrivés en haut, on prend le temps de profiter du panorama et de casser la croûte pendant que la troisième cordée continue son ascension.
Casse croûte terminé, nous sommes toujours en attente de la troisième cordée qui finira par arriver une heure plus tard. L’attente est longue, on sent bien que la météo est en train de changer ça ne tournera pas en notre faveur.
On laisse le temps aux retardataires de se reposer et on se prépare pour la descente. Un des encadrants essaye de trouver la descente par les rochers blancs mais ne trouve pas le relais salutaire. Deuxième option, on se rabat pour un long retour par le refuge de Tuquerouye, c’est un coin que je connais assez bien pour y être déjà passé plusieurs fois. On se dit que ça va être long mais on ne peut pas faire autrement.
Le retour est long, certaines personnes commencent à fatigué avant même le passage par Tuquerouye. Mais on avance… La descente de Tuquerouye est encore enneigée, certains préfèrent assurer et mettre les crampons, d’autres passent sans, les conditions sont correctes, on peut éviter les parties neigeuses trop raides.
Je râle un peu intérieurement, on perd pas mal de temps avec ces manipulations. Et l’orage arrive enfin. On se trouve à présent entre Tuquerouye et la hourquette d’alans, sous la pluie et accessoirement l’orage. Les encadrants souhaitent prendre un “raccourci” pour rejoindre la hourquette d’alans et prendre la ligne de niveau pour rejoindre le chemin qui mène à la hourquette d’Alans. Je suis pas fan, on est fatigué, y a l’orage et on dirait qu’on veut se rajouter une difficulté supplémentaire… Mais je n’encadre pas et suis en bon soldat.
On arrive finalement à une section un peu raide, mêlant rocher et pentes herbeuses. Certains membres sont à la peine et aimerait faire demi tour pour passer par le chemin classique. Je rage et préfère leur dire d’attendre, j’essaye de descendre et leur indiquerai si ca passe ou pas. (Hors de question de faire demi tour, on est déjà bien entamé et l’orage est là). Je descends et je trouve un passage qui passe, je remonte et leur indique le chemin. On descend tous ensemble, ça passe mais c’est pas évident. On arrive enfin sur le chemin classique, ouf.
On remonte à présent le chemin vers la hourquette d’alans, on est trempé et en plein sous l’orage qui s’abat tout autour de nous. C’est très impressionnant et j’ai une pensée pour ma famille…
La chance nous sourit avec l’orage qui s’arrête avant notre passage à la hourquette (et tant mieux, j’avais pas très envie de passer à un col pendant l’orage). A présent, il ne reste plus qu’à mettre un pied devant l’autre pour rejoindre le parking de Gavarnie. On est tous fatiguées par cette journée.
De mémoire, on est arrivé à la voiture vers 22h30.
Quelle sortie, je m’en souviendrai longtemps.















