Le Mont Perdu fait partie de la liste que j’aimerais beaucoup faire, parce qu’on l’a déjà tenté sans y arriver et que cette tentative a échoué une seconde fois.
- Accès au départ : Parking du col des Tentes
- Temps prévu 2 jours
- Trace GPS del apremière journée seulement:
La météo était pas mal, beau temps de prévu pour aujourd’hui, mais ça se gâte demain, orages côté espagnol et pluie en fin de journée.
Partis du col des Tentes, nous marchons en direction du refuge des Sarradets puis de la brèche de Roland. Nous arrivons au niveau de la cascade qui est en partie enneigée mais rien d’exceptionnel.
Nous arrivons ensuite à la brèche mais l’un de nous flanche un peu, fatigué. C’est toujours regrettable mais on ne pousse personne ; s’il ne le sent pas, il vaut mieux arrêter plutôt que de faire une course engagée et avoir des problèmes. C’est donc à 3 que nous continuons côté espagnol.
De la brèche, nous souhaitons passer par le pas de l’Isard, mais son enneigement relatif nous déplaît et on préfère contourner par le bas. Le but étant de remonter par la suite pour ne pas avoir à redescendre au refuge de Gorritz. Nous souhaitons bivouaquer à l’étang gelé. On chausse donc les crampons.
À partir de là, nous ne déchausserons que bien plus tard tant l’enneigement est présent. Les crampons nous permettent surtout de nous rassurer au niveau des névés. S’ensuit un petit hors-piste prévu mais peut-être un peu mal maîtrisé. Nous rejoignons par contre facilement le chemin qui monte à l’étang gelé. La journée commence cependant à être bien longue.
La montée à cet étang est interminable et le temps ne joue pas trop en notre faveur. Nous n’en voyons pas la fin et doutons fortement de cette randonnée trouvée sur Internet. Je demande à des randonneurs si on est loin, une randonneuse m’indique 1 h 30 de montée encore. Et m’indique de faire attention, une personne a dévissé la veille sur un névé.
Après pas mal d’efforts, nous arrivons enfin à l’étang, il est tard. Un groupe d’alpinistes est déjà sur place, pour la plupart déjà dans le duvet. La randonnée indique de passer en face de l’étang, de traverser le col du Cylindre. Juste au-dessus à droite du lac :
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Passage pour le lendemain
Le moral est bas, vu d’en bas, cela ne paraît pas franchissable et nous ne sommes pas des alpinistes, juste des randonneurs. C’est un pote plus expérimenté qui avait préparé la randonnée et j’avoue n’avoir pas jeté un œil à la carte ou au chemin qu’il voulait qu’on emprunte. D’ailleurs la veille, j’avais indiqué que ce serait peut-être plus simple de passer par Tuquerouye et de ne pas partir du col des Tentes.
Mais bon, les 12 h de marche nous ont bien crevés, on se restaure, on se force même un peu à manger, on a surtout en tête ce mur de pierre à franchir demain. Nous ne souhaitons plus monter au Mont Perdu. L’objectif vient de changer, le but devient de rentrer.
Nous échangeons trois mots avec les Espagnols pour bien comprendre qu’il nous faut franchir ce mur. Nous avions le choix de rebrousser chemin, de refaire le même tracé qu’à l’aller ; nous avons fait du hors-sentier, on n’est pas certain d’avoir gagné du temps. Redescendre pour passer par Gorritz aurait en effet été plus sûr. En écrivant ces lignes quelques mois plus tard, j’en suis à me demander pourquoi nous n’avons pas fait demi-tour, quitte à passer par Gorritz. La montée à la brèche aurait été longue mais pas risquée comparée à ce que nous avons fait.
Dans la nuit, Guillaume ne ferme pas l’œil, pour ma part, je ronfle tranquille, je me réveille parfois pour boire un coup et me rendors aussi sec, on voit se dessiner les éclairs au loin. Comme prévu, les orages arrivent. 06 h 00, les orages se rapprochent, on décide de dégager, on mange rapido, on remplit les sacs et en avant.
Mes deux compères franchissent le mur de pierre sans prises, sans sécurité… Derrière, dans une position peu confortable en train d’escalader, je demande où sont les prises ?! Guillaume me répond : “y en a pas !”
Très rassurant mais pas le choix, ça passe finalement, le passage difficile est de courte durée mais encore une fois, on n’était pas équipés/préparés à franchir ça.
Le ciel est chargé à n’en plus finir, le col franchi, on se croit presque à l’abri des galères.
Les orages arrivent, nous pressons le pas pour descendre.
Je ne réalise pas tout de suite, mais nous sommes en train de descendre face à Tuquerouye, entre le Mont Perdu et le Cylindre. J’avais déjà lu des récits de randonnées et vu des photos sur ce site et, de mémoire, trois passages s’offrent à nous mais lorsque c’est enneigé, il n’y a pas de chemin où descendre sans escalade.
Et nous y voilà, bloqués comme des cons sur les glaciers, à chercher par où descendre. On essuie une pluie glaciale de l’orage.
On essaie de trouver un endroit par où passer, mais rien ne nous semble viable. On remonte un peu. Faire demi-tour ? Non, hors de question, le col où on a escaladé est à présent mouillé, on avait peu de prises avant, ce serait pure folie que d’y retourner. On est comme des rats en cage… on se concerte et on est d’accord pour appeler les secours.
Un de nos téléphones ne capte rien, non le 112 ne passe pas partout ! Le mien capte un peu plus haut, premier appel, ça coupe. Second appel, la personne à qui j’expliquais le problème me repasse le PGHM. On explique au PGHM où nous nous trouvons, coordonnées GPS… Une seconde personne du PGHM nous indique un endroit où descendre. Nous y retournons. Le souci c’est qu’on est déjà allés voir et il nous envoie un peu au casse-pipe. Comme je le disais, avec la neige, certains passages qui sont sûrement empruntables par temps sec ne le sont plus du tout.
On rappelle le PGHM qui pense envoyer une cordée quand… j’aperçois au loin les alpinistes de la veille. J’indique au PGHM qu’on va aller les voir et voir avec eux. En anglais approximatif, on leur explique notre souci, on passe pour des clampins aux yeux de certains, soit, c’est pas faux.
En fait c’est un groupe d’alpinistes chevronnés ayant déjà gravi pas mal de sommets ( Anaconga… ), ils s’entraînent pour un futur projet. Et ô joie, un guide est avec eux. Le guide se fait un baudrier avec un bout de corde et va à une vitesse hallucinante. Ils nous permettent de franchir la falaise en escaladant.
Mais je suis plutôt crispé :D
Un Espagnol (pas le guide) nous force un peu la main pour payer le guide (j’hallucine un peu), 20 euros par tête. Ne sachant pas trop quoi faire, j’ai payé pour 2, en indiquant qu’on enverrait les sous pour le troisième plus tard. L’Espagnol pensait qu’on voulait dormir dans un refuge et s’attendait à ce qu’on ait plus de sous. Mais non, on rentre. Ça me déplaît d’autant plus que le guide continue à faire descendre mes collègues et je doute qu’ils donnent les sous au guide. Bref, on est un peu pressés, je me suis engagé à donner des nouvelles au PGHM et on met du temps à descendre, puis en bas, on ne capte pas du tout. Ce même alpiniste nous poussera même à partir sachant qu’on devait retéléphoner au PGHM, du coup, un peu à regret, on n’attend pas les alpinistes pour les remercier, on les remercie en gueulant et on décolle direction Tuquerouye.
Rassuré mais je suis le seul à être déjà passé par Tuquerouye et vu la neige qu’on a eue, j’ai peur que Tuquerouye en soit farci. BINGO !
Loin d’être une partie de plaisir, je descends en premier, plantant le piolet tous les 50 cm en descendant sur le cul. Un passage assez long nous mène enfin aux rochers où l’on peut descendre en toute sécurité.
OUF, cette fois c’est quasi fini. On continue mais ma cheville me fait mal ( je m’étais fait une entorse quelques semaines auparavant, oui c’était pas très intelligent). On passe le col pour arriver au-dessus du refuge des Espuguettes. J’appelle le PGHM pour leur indiquer enfin que tout va bien, plus de peur que de mal, ils sont rassurés, nous aussi !
Ma cheville me fait très mal, mais pas trop le choix, lentement on arrivera à Gavarnie sous la pluie. Je prendrai un taxi pour aller chercher la voiture au col des Tentes (cher… 30 euros de mémoire !). Mais bon, à présent c’est la tempête, orage et pluie n’en finissent plus, on est bien contents de ne pas être restés bloqués sous le Cylindre !
On a pris des risques, c’était inutile, mais je crois que ça nous servira de leçon ; pour cette fois, on est pardonnés.
Note pour plus tard : Ne pas faire confiance :p Vérifier toujours le tracé des randonnées !








